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Pinus thunbergii – Kuromatsu

Le pin noir est nommé ainsi du fait de la couleur de son écorce. Il est cultivé en bonsaï au Japon sous le nom de « Kuromatsu », ce qui veut dire pin (matsu) noir (kuro). Sa production se situe presque exclusivement sur l’île de Shikoku dans deux villes : Kinsahi et Kokubunji.

C’est une espèce très commune en bonsaï au Japon. Il est très présent dans les expositions que ce soit du shohin aux très grands bonsaï en passant par les kifu ou chuhin.

  • Ordre : Pinales
  • Famille : Pinaceae
  • Genre : Pinus
  • Arbre à feuilles persistantes originaire d’Asie.

fiche descriptive pin noir kuromatsu

Ce qui fait leur beauté en bonsaï :

Les pins noirs sont très prisés en bonsaï pour plusieurs raisons. Tout d’abord la beauté de leur écorce. Celle-ci est épaisse, rugueuse et peut former des squames très fines ce qui la rend particulièrement intéressante. Leur feuillage est dense et d’un vert profond. De plus avec les bonnes techniques il est facile de le densifier et de raccourcir la taille des aiguilles.

pin noir takamatsu

Pin noir exposé à Takamatsu.

Culture du pin thunberg :

Taille de structure et mise en forme :

Elle est à réaliser en hiver lorsque l’arbre est au repos. C’est la période idéale pour supprimer quelques grosses branches inutiles. Généralement ce travail est réalisé en même temps que la mise en forme. Attendez les premiers grands froids avant de vous lancer, ainsi vous serez certain que l’arbre a bien stoppé son activité. En fin d’hiver il faut surveiller les bourgeons pour voir si l’arbre est en cours de reprise d’activité, à ce moment là il sera trop tard.

Metsumi :

Le metsumi ou « pincement » des chandelles se pratique au printemps, lorsque les chandelles sont bien montées. Pincez les plus fortes au 2/3 et les moyennes au 1/3 ,  ne pas pincer les chandelles faibles.

Le Metsumi à pour effet de répartir la force dans l’arbre. Combiné à la technique de taille « mékiri » vous pourrez équilibrer parfaitement les forces.

 

Mekiri :

Le Mekiri ou « taille complète » de la chandelles ayant poussée au printemps.

Cette technique s’applique de mi-juin à fin juillet en fonction de plusieurs facteurs, climats (localité), force de l’arbre et dimensions.

taille mekiri

taille mekiri

arbre en cours de mekiri

arbre en cours de mekiri

Pour exemple sur Lyon (Rhône-Alpes) nous taillons les arbre de 70cm vers mi-juin en supprimant en premier les pousses moyennement fortes et une semaine après les pousses fortes (seule les pousses faibles ne sont pas taillées).

Les arbres de 30 à 50cm seront taillés à partir de fin juin / début juillet, et les arbres de taille shohin au 15 ou fin juillet.

 

Travail du racinaire au rempotage :

Les pins noir sont certainement les pins les plus solides en ce qui concerne le travail du racinaire. Ils supporteront des rempotages plus forts que n’importe quel autre pin. Prenez tout de même soin de garder une partie de la motte, comme pour tous les conifères.

Substrat :

Les pin noirs doivent être cultivés dans un substrat très drainant. Au Japon, dans la région où ils sont produits, ils poussent dans presque 100% de Kiryu (gravier). Il faut nuancer cependant car le Japon est très humide et les précipitations y sont plus importantes qu’en France en moyenne. On peut donc utiliser un mélange de sable de kiryu et d’akadama.

Lors du rempotage essayez de mélanger au nouveau substrat les mycorhizes récupérées. Ceci favorisera la reprise de l’arbre et le maintiendra en bonne santé.

Engrais :

Pour la fertilisation, sur les arbres avancés nous vous conseillons d’utiliser du tamahi en petites ou grosses boulettes en fonction de la taille de l’arbre. Les boulette sont à renouveler toutes les 6 à 8 semaines.

Sur les arbres en cours de travail vous pouvez sinon utiliser l’engrais chimique japonais, chimiogold. Il coûte beaucoup moins cher et se remplace seulement une fois tous les 6 mois.

Emplacement :

Les pins noirs apprécient une très forte luminosité, ils peuvent être exposés en plein soleil toute l’année.

Les différentes variétés de pin noir :

Il existe de nombreuses variétés de pin noir. Il y a par exemple les nishikimatsu (pinus thunbergii var. corticosa) que l’on appelle communément les corticosa à cause de leur écorce liégeuse. Il y a également les kotobuki aux petites aiguilles d’un vert très foncé et bien d’autres encore. Certaines variétés comme les « yatsubusa » se travaillent presque uniquement par la taille.

cycle de travail des pin noirs

Création :

En forêt :

pin noir en forêt

Forêt de pin noir à Kokubunji chez Kiyoshi Hiramatsu.

Si vous disposez d’un grand nombre de plants vous pouvez créer une forêt. C’est assez facilement réalisable en faisant des semis chaque année. Les règles de création sont les mêmes que pour toutes les forêts :

  • des arbres de taille et de diamètres différents
  • une orientation des masses de végétation naturel par rapport à l’exposition à la lumière

Pour le contenant nous vous conseillons une lauze plutôt qu’un pot car celle-ci est plus en accord avec l’aspect brut et sauvage des pins noirs. Mais un pot brut non émaillé convient tout à fait.

Plantation sur roche :

pin noir sur roche

Le pin noir s’accommode très bien d’une plantation sur roche. Nous vous conseillons une roche très sombre comme celles que l’on voit au Japon car elles s’accorderont parfaitement à la couleur de l’écorce.

Si vous voulez en savoir plus sur la plantation sur roche d’un pin noir vous pouvez lire cet article sur la création d’un ishizuki de pin noir.

Construire un arbre jeune :

Il est possible aujourd’hui d’acheter des graines de pinus thunbergii sur internet. Celles-ci ne nécessitent pas de stratification froide et peuvent être semées directement dans un substrat drainant et aéré. Veillez à utiliser un substrat qui reste toujours humide lors de la levée des graines car un coup de sec leur sera fatal.

La culture ensuite est assez classique. On agit étape par étape :

  1. mettre en place le nebari
  2. donner du mouvement à la ligne de tronc
  3. faire grossir
  4. sélectionner les départs de branche et greffer si nécessaire

Vous pouvez obtenir des résultats assez rapides. Certaines personnes utilisent des passoires empilées l’une dans l’autre et remplisse la seconde d’engrais pur afin de booster le grossissement, d’autres utilisent de l’engrais chimique liquide. Cependant il faut garder à l’esprit que gros ne veut pas dire beau. Faire un arbre élégant, avec de belles courbes et une conicité agréable prend du temps. L’écorce mettra également du temps à venir. Alors ne vous focalisez pas sur le grossissement mais plus sur un travail de qualité et bien fait.

Exposer un pin noir dans une composition de shohin :

Association avec d’autres espèces :

En santen kazari le pin noir est associé avec des feuillus ou fruitiers. Comme il est l’arbre principal, celui-ci se trouve en hauteur. L’arbre secondaire est lui placé en contrebas et est légèrement plus petit.

Place dans les armoires de présentation :

Les pins noirs sont toujours placé au sommet de l’armoire de présentation. D’ailleurs à cet place on retrouve rarement une autre espèce qu’un pinus thunbergii.

pin noir dans armoire a shohin

Le pin noir est placé au sommet de l’armoire à shohin.

La production des pins noirs au Japon :

La majorité de la production des pins noirs au Japon (80%) est réalisée dans deux villages de l’île de Shikoku : Kinashi et Kokubunji. J’ai pu m’y rendre à de nombreuses reprises et j’y ai réalisé des vidéos que je partage avec vous ci-dessous. Dans ces deux villages qui sont l’un contre l’autre on peut observer des pins noirs à toutes les étapes de leur culture. Il y a :

  • des jeunes plants en godet,
  • des arbres en pleine terre,
  • des grand arbres bruts
  • des shohins très avancés,
  • des masterpiece,
  • des niwaki.

Si vous le pouvez je vous conseille d’aller y passer une journée, c’est l’occasion d’une bonne ballade loin de la frénésie des grandes villes.

Tout le contenu relatif au pinus thunbergii sur Bonsai Shohin :

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